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Le syndrôme du faux trophée : Quand la RDC fête le (moins) pire


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Hier, le pays a vibré, les rues ont explosé de liesse, les tambours ont résonné... pour quoi, au juste ? La qualification des Léopards aux barrages intercontinentaux du Mondial. Une sorte de « repêchage » en langage clair. Et c'est là que l'observateur averti doit se frotter les yeux et s'interroger sur ce curieux prisme à travers lequel la RDC contemple ses propres performances.

La polémique est là, bruyante, et elle pose une question fondamentale : pourquoi une telle célébration, digne d'un sacre continental, pour un simple droit à un match de plus ?

D'un côté, on a l'image postée par Keyser Söze (ce pseudo qui sent déjà le complot et l'analyse déconstruite), qui tente de donner un sens à cette joie collective : « Tout est question de prisme. » Pour lui, cette liesse n'est qu'une échappée de la misère, un moment de répit où l'on fête la vie, le fait d'être encore là, de « vivre chaque jour comme le dernier ». Une fête populaire, dépolitisée dans sa pureté émotionnelle, comme un parent fête la fin d'un cycle scolaire même si l'enfant n'est pas encore au sommet. C'est l'argument de la soupape émotionnelle face au manque de confiance chronique dans les élites.

De l'autre, la voix du critique acerbe, du pourfendeur des illusions, qui clame le « Syndrome du faux trophée ».

Ce n'est pas une victoire, crie-t-il, mais le statut de « moins mauvaise des équipes africaines » encore en lice. Où sont Vidinic, Ibenge, ou Watunda, les vrais héros du trophée ou de la qualification directe ? Ce qu'on observe, c'est de la « récupération politicienne », un « renversement des valeurs », une acceptation du « nivellement vers le bas ». On mime la victoire alors qu'on est loin du Sénégal, du Ghana ou du Maroc. La vraie qualification, est-ce un miracle qu'on ne souhaite plus, tant il compliquerait la gestion de nos médiocrités ?

Le verdict sinzili : Entre cynisme et réalité crue

Oui, la rue, le Congolais lambda, est en quête de lumière. Dans un quotidien souvent sombre, tout prétexte à l'unité, à la communion, au bruit joyeux est une bouffée d'air frais, une affirmation de la vie, un « Pala panpan !!! » qui fait oublier la misère. C'est le côté humain, viscéral, qui se moque des tableaux de classement FIFA.

Mais non, il ne faut pas se leurrer. L'agitation médiatique et surtout politique autour de ce « repêchage » n'est pas innocente. Elle est une tentative flagrante de substituer la performance réelle à la victoire de l'espoir. C'est le pouvoir qui valide une joie démesurée pour une petite avancée, transformant le sursis en triomphe pour s'y associer. C'est le danger d'une nation qui s'habitue à célébrer l'échec évité plutôt que la gloire conquise. On célèbre le fait de ne pas être tombé dans le gouffre, au lieu de fêter le sommet de la montagne.

En fin de compte, cette liesse n'est ni juste ni injuste : elle est révélatrice. Elle révèle l'immense faim d'un peuple pour une fierté nationale, même artificielle, et le cynisme d'une classe politique prompte à capitaliser sur cette ferveur pour masquer les déficits structurels.

Le jour où la RDC fêtera une vraie qualification, un vrai trophée, avec la même intensité, nous saurons que le « nivellement vers le bas » aura été vaincu. En attendant, on assiste à la célébration la plus incongrue d'Afrique. Et ça, c'est une défaite en soi.

Ce papier a été rédigé avec l'amertume du vrai Congolais, celui qui sait que l'on mérite plus que le « moins pire ».



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