« Il faut to kota ! » : Le nouveau coup de maître de l'ambassadeur William Mukambila après le CNJ
Kinshasa, RDC - Le paysage politique congolais, souvent imprévisible, vient d'être secoué par une initiative audacieuse qui place la jeunesse au centre des débats nationaux. Alors que la République Démocratique du Congo se prépare à un dialogue national politique inclusif, un nom bien connu refait surface, non pas pour un poste officiel, mais pour une action de fond : celui de l'ancien président du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), William Mukambila. Son coup d'éclat ? Le lancement de la campagne « Il faut to kota ! », un cri de ralliement en lingala signifiant « Il faut qu'on y entre », qui résonne déjà dans les couloirs du pouvoir et sur les réseaux sociaux.
Pour comprendre la portée de cette initiative, il faut se pencher sur le parcours récent de William Mukambila. Son mandat à la tête du CNJ fut loin d'être un long fleuve tranquille. Jonché de combats et de bras de fer avec ses ministres de tutelle successifs, de l'ex-ministre Yves Bunkulu à la plus récente Noella Ayeganato, Mukambila a dû affronter de multiples tentatives d'éviction. Ces épreuves, loin de l'affaiblir, ont forgé une image de leader combattif et résilient. Il a finalement quitté son poste de manière démocratique, suite à une élection apaisée orchestrée par l'actuelle Ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino.
Beaucoup pensaient que son influence était intrinsèquement liée à sa position officielle. Ils se trompaient. Le leadership, pour Mukambila, est une qualité qui transcende les fonctions. Son action actuelle en est la preuve éclatante. Alors que le nouveau président du CNJ prend encore ses marques et que l'actuelle ministre est en pleine phase de consultations, William Mukambila a pris tout le monde de court en lançant sa campagne.
Une stratégie anticipée pour la jeunesse
La campagne « Il faut to kota ! » est bien plus qu'un simple slogan. C'est une stratégie mûrement réfléchie qui vise à anticiper et à influencer un processus politique crucial pour le pays. L'objectif est de faire en sorte que la jeunesse ne soit pas une simple spectatrice du dialogue national, mais une partie prenante, une force de proposition.
Selon nos sources, Mukambila entend organiser une série d'échanges et de rencontres en amont du dialogue. Ces "consultations inversées" auront pour but de mettre en contact les participants majeurs du dialogue à venir – qu'il s'agisse de leaders politiques, de figures de la société civile ou d'autres personnalités influentes – avec des représentants de la jeunesse. L'idée est de leur donner une plateforme pour exprimer leurs préoccupations, leurs propositions et surtout, de les convaincre de devenir les "porteurs du message de la jeunesse" lors des assises officielles.
Cette démarche est d'une finesse rare. Au lieu d'attendre une invitation officielle, William Mukambila crée lui-même le canal de communication. Il ne demande pas l'autorisation d'être inclus ; il s'assure que la voix des jeunes soit entendue avant même que le dialogue ne commence. C'est une démonstration de force qui révèle son sens de la tactique et sa capacité à naviguer en dehors des cadres formels.
L'alliance inattendue : religion et jeunesse
L'acte inaugural de cette campagne est particulièrement symbolique. Certaines indiscrétions parlent d'un premier événement qui réunira William Mukambila, des jeunes et les leaders religieux majeurs du pays. Cette alliance est tout sauf un hasard. En RDC, les leaders religieux, qu'il s'agisse des cardinaux, des pasteurs influents ou des cheikhs, jouissent d'une autorité morale et d'une légitimité qui dépassent souvent celle des politiciens. Ils sont perçus comme des médiateurs et des figures de confiance, capables de parler au nom du peuple.
En s'associant à eux, William Mukambila ne se contente pas de donner de la crédibilité à son initiative. Il s'assure un soutien de poids qui peut faire pression sur les participants au dialogue. Les leaders religieux peuvent jouer un rôle de facilitateur et de garant de l'inclusion des jeunes. C'est une manière habile de contourner les obstacles politiques traditionnels et de forcer la main aux décideurs.
Reste à savoir si cette mobilisation portera ses fruits. Mais une chose est certaine, en lançant cette campagne, William Mukambila s'est repositionné comme un acteur incontournable. Il a prouvé que son influence ne se résumait pas à son ancien titre de président du CNJ. C'est un nouveau chapitre de son histoire qui s'écrit, et il pourrait bien inspirer toute une génération à ne plus attendre la permission d'agir. Le dialogue national inclusif en RDC a un nouvel invité, et il compte bien faire entendre sa voix.
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