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Politique

A l'Assemblée nationale, Mboso reprend les rênes du pouvoir. Mais à qui la faute ?


King Mboso II

Il est ardu, presque insaisissable, de trouver les mots qui rendent compte de ce qui s’est joué ces dernières heures à l’Assemblée nationale. La scène avait des airs de putsch, ou peut-être d’un scénario rêvé, digne des planches ou du grand écran. Le Professeur Vital Kamerhe y a été renversé avec la précision et la brutalité d’une estocade dramaturgique, orchestrée par celui qui fut jadis son fidèle allié, le député Mbindule, complice de leurs quatre-cents coups au sein de l’UNC. Ce qui s’apparente à une duplicité chronique, répétée et presque mécanique que l'on met sur le dos de V.K. n’a pas porté des fruits. Comme au théâtre, où l’on reprend presque toujours les mêmes personnages pour rejouer l’histoire, il faudra tirer les leçons de ce départ, constellé de familiarités et de répétitions.

La question implicite demeure : qui succédera au leader de l’UNC, victime d’une offensive venue des profondeurs du Kivu, qui ébranle d’un même geste les thèses complotistes anti-swahiliphones ? Et maintenant ? Oui, maintenant, qui s’assiéra au perchoir pour donner au parcours parlementaire l’éclat qu’a manqué de produire cette scène, tiède et hésitante, oscillant entre mi-viande et mi-poisson ? Les militants du MPR, parti-État, prêtent le mot.

Parmi les noms évoqués pour succéder à l’éminence grise du Kivu, un seul revient avec constance et gravité : celui de Christophe Mboso. Un profil façonné dans l’acier de la patience et de l’expérience, rappelant par certains traits Joe Biden et Donald Trump, ou plus proche de nous, M. Djibril Cavayé, né en 1940, pilier de l’Assemblée nationale camerounaise depuis 1990. Sans discontinuer. Fatigué par l'âge peut-être, -- qui y échappera -- mais enrichi en bénéfices immenses pour son patron, tout en restant discret sur le plan personnel.

Christophe Mboso a forgé ses armes dans le creuset du MPR, parti unique. À la trentaine, il est déjà élu commissaire politique et renverse deux imposantes figures de proue de son terroir du Bandundu, Kamitatu Massamba et Mungul Diaka, qui demeurent désemparées un matin de saison sèche 1977 devant la vigueur de ce jeune loup. Mboso sait gagner, perdre, mais surtout attendre son heure — la même qu’il vit, défait, sous les mains de Kamerhe il y a deux ans.

C’est sur le terrain de la fidélité que Mboso a fait ses lettres de noblesse. Là où Vital Kamerhe a flanché à deux reprises successives, en 2009 et en 2025, avec un détour obligé par les geôles de Makala, Mboso s’est maintenu, silencieux et patient, prêt à saisir l’instant propice.

Alors que grondent encore et toujours les orages des rébellions et des tensions régionales, la fidélité demeure le maître-mot. Oui, de manière tout à fait légitime, le Premier Vice-président de l'Asselblée voudra bien lui damer le pion. Frère tribal du chef de la majorité, il incarne la continuité et la réserve stratégique. Cependant, au regard des récentes révélations de l’affaire Tshiwewe, où le chef de la Maison militaire fut emporté par les vagues putschistes et politiques, Mboso, lui, demeure au-dessus de ces calculs, et l’histoire a clairement montré sa supériorité tactique.

Il reste que Christophe Mboso n’a pas encore conquis définitivement son fauteuil. Mais une certitude s’impose : les pronostics, tous confondus, penchent en sa faveur, et il s’avance sur le terrain parlementaire avec toutes les cartes du destin dans sa main.



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