Stop ou encore ? Comment les banques congolaises nous volent 5 ans de technologie !
Votre application bancaire vient de planter en tentant un virement ? Vous soupirez en pensant à la journée que vous devrez poser pour une simple demande de crédit ? Vous stressez en pensant à la médiocrité de la prise en charge clients ? Bienvenue dans la réalité bancaire congolaise de 2025. Pendant que le reste de l'Afrique innove à la vitesse de la lumière, nos grandes banques semblent se contenter de nous offrir le minimum syndical.
Soyons directs. Des géants comme Rawbank, Equity BCDC ou Trust Merchant Bank (TMB) dominent le paysage. Leurs efforts sont visibles : des applications mobiles comme illico cash ou Pepele Mobile existent. Elles permettent de consulter son solde, de payer ses factures Canal+ et de faire des virements... qui prennent parfois 24 à 48 heures pour arriver à destination, même entre comptes de la même banque. Ces services, présentés comme des révolutions, ne sont en réalité que le strict nécessaire, la base de ce qu'une banque moderne devrait offrir.
Pourtant, dans ce concert de services basiques, une banque semble vouloir sortir la tête de l'eau. Equity BCDC, portée par sa maison mère kenyane, a récemment lancé une offre d'avance sur salaire accessible en quelques clics via son application. C'est un petit pas, certes, mais c'est un pas dans la bonne direction qui prouve que c'est possible. Une initiative timide qui devrait faire rougir de jalousie ses concurrents, encore trop occupés à nous faire remplir des formulaires papier.
Le Choc : Ce que les congolais manquent vraiment
Maintenant, regardons ce qui se passe ailleurs. Ce n'est pas de la science-fiction, c'est le quotidien de millions d'Africains.
Au Kenya : Un utilisateur de M-Pesa qui n'a pas assez d'argent pour payer une facture à la caisse du supermarché peut, directement sur le terminal de paiement, se voir proposer "Fuliza", un découvert instantané qui comble la différence. L'opération prend 5 secondes. Pas de paperasse, pas de demande, juste un service intelligent qui vous dépanne au moment précis où vous en avez besoin.
Au Nigeria : Un jeune entrepreneur a besoin de 500$ pour acheter un stock. Au lieu de supplier un oncle ou de passer des semaines à monter un dossier bancaire voué à l'échec, il télécharge une application comme Carbon ou FairMoney. En analysant les données de son téléphone (avec sa permission), l'application évalue son sérieux et lui vire l'argent sur son compte en moins de 10 minutes.
En Afrique du Sud : Des néobanques comme TymeBank permettent d'ouvrir un compte bancaire complet en 5 minutes depuis un kiosque dans un supermarché, avec pour seule pièce d'identité son empreinte digitale. Zéro papier.
Le vrai défi : La fin de l'autosatisfaction
La question n'est plus de savoir si nos banques peuvent faire mieux. La question est : pourquoi ne le font-elles pas ? Le manque d'infrastructures a longtemps été une excuse facile. Aujourd'hui, avec la pénétration du mobile, le vrai frein semble être un manque de volonté et de vision.
Messieurs les banquiers, vos clients ne sont plus captifs. Ils voient ce qui se passe ailleurs. L'avance sur salaire d'Equity BCDC est un premier tir de semonce. Le premier qui offrira un crédit instantané, une épargne flexible et une expérience utilisateur sans friction ne prendra pas seulement des parts de marché, il gagnera la loyauté d'une génération. Le réveil risque d'être brutal pour ceux qui restent endormis sur leurs lauriers.
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