RDC - Culture : Pourquoi le gouvernement doit investir 2,6 milliards de dollars pour produire le prochain BTS ou Squid Game ?
Le chiffre fait froid dans le dos et l'ambition paraît folle. Le gouvernement congolais ne parle plus de divertissement, mais d'une guerre économique où la culture doit devenir le nouvel eldorado de la RDC. Pour comprendre cette vision, il faut regarder vers l'Est, mais aussi vers l'Ouest : le modèle à suivre exige des moyens colossaux, et l'enjeu est de transformer le pays en puissance mondiale du "Soft Power".
2,6 Milliards : La somme nécessaire pour passer de l'art à l'industrie
La RDC est un immense réservoir de talents, mais la culture reste largement perçue comme un secteur de distraction, ce qui limite les investissements. Face à ce constat, le Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine a engagé des réformes majeures, notamment l'adoption du Statut de l'Artiste et d'une nouvelle politique culturelle nationale.
Mais entre l'ambition et la matérialisation, il y a un gouffre financier. C'est ici qu'intervient le modèle de la Corée du Sud. Pour transformer son Hallyu (vague culturelle coréenne) en machine à cash, le gouvernement sud-coréen a débloqué des fonds massifs. En 2024, le Plan de Développement Culturel coréen est estimé à 2,6 milliards de dollars. C’est ce niveau d’engagement que la RDC doit considérer pour espérer transformer sa richesse artistique en produit d'exportation.
Le Nigéria et la Corée : Deux modèles de la culture qui rapporte
L'urgence d'investir est démontrée par les succès mondiaux :
1. L'Effet Squid Game : La série a coûté environ 21,4 millions de dollars à produire, mais a généré près de 900 millions de dollars de valeur pour Netflix et créé 16 000 emplois à temps plein en Corée du Sud.
2. L'impact BTS : Ce seul groupe de K-Pop injecte plus de 3,5 milliards de dollars dans l'économie sud-coréenne chaque année.
Mais la RDC n'a pas besoin de chercher si loin pour trouver l'inspiration. Le Nigéria a déjà prouvé le potentiel africain avec Nollywood, qui est la deuxième plus grande industrie cinématographique au monde en volume, et dont les productions cartonnent sur Netflix et d'autres plateformes internationales, contribuant significativement au PIB du pays. Ces exemples montrent que l'art, encadré et soutenu, génère des milliards.
Le Pari congolais : Exporter des histoires, pas seulement des minerais
Le Gouvernement congolais est clair : dans un contexte de diversification économique, la culture est un actif stratégique. Il ne s'agit pas d'un luxe, mais d'une nécessité pour renforcer le Soft Power du pays et créer une véritable économie culturelle.
La RDC a désormais la feuille de route juridique et l'ambition. Le défi est de mobiliser l’investissement, qu'il soit politique ou financier. L'alternative ? Continuer de percevoir l'art comme une distraction, pendant que d'autres nations — sur le continent comme en Asie — transforment leurs histoires en mines d'or.
Le pari est lancé : l'avenir économique de la RDC passe-t-il par ses artistes ?
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